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Marché du modulaire

Le secteur du bâtiment et de la construction modulaire toujours un peu morose

7 mai 2015

La situation économique du secteur du bâtiment reste toujours problématique, les chiffres de l’année 2014 et ceux parus pour le premier trimestre 2015 l’attestent. Parmi les mesures d’action publique annoncées pour relancer l’activité, certaines pourraient profiter à la construction modulaire, qui possède de sérieux atouts susceptibles d’infléchir la tendance.

Secteur du bâtiment : mauvaise situation économique de la construction

Secteur du bâtiment et construction modulaire

Bilan de l’année écoulée

Les chiffres 2014 pour l’ensemble du secteur du bâtiment sont moins bons que prévu. Pour l’année écoulée, l’activité générale de construction a reculé à un niveau bien plus élevé que le laissaient présager les estimations fin 2013 : la baisse en volume avait été évaluée à -0,3% alors que les chiffres concrets pour la dernière année font état d’un recul de -4,3%.

Plusieurs facteurs permettent d’expliquer le mauvais climat économique du secteur de la construction et du bâtiment :

- la croissance économique toujours en berne et sans reprise au second semestre 2014 ;
- le blocage de nombreux permis de construire par les collectivités territoriales, et notamment par les municipalités au moment des dernières élections municipales ;
- une confiance en l’avenir au plus bas de la part des acteurs du secteur du bâtiment ;
- des transformations mal maîtrisées par les pouvoirs publics de l’environnement institutionnel, telles que la réduction du taux et du champ de la TVA.

La forte chute d’activité est très palpable dans le domaine du logement. Elle impacte pour une large part les chiffres de l’ensemble du secteur du bâtiment. Le logement neuf recule ainsi de -10,3%, tandis que la rénovation-entretien subit une baisse plus mesurée de -0,9%.

Comment relancer le secteur du bâtiment ?

Les conséquences de la situation économique du secteur de la construction ont des répercussions néfastes. Environ 30 000 postes de salariés ou d’intérimaires ont été supprimés au cours de l’année 2014. Tandis que les entrepreneurs continuent à signifier des baisses de leurs effectifs passés ou à venir, les soldes d’opinion correspondants restent très inférieurs à leur moyenne de long terme…

Et l’on peut d’ores et déjà affirmer que l’année 2015 ne sera toujours pas celle de la reprise pour le secteur du bâtiment. En effet, les prévisions font état d’un nouveau recul de l’activité de construction de -0,4 point.

Toutefois, les raisons d’espérer le retour d’une situation meilleure sont présentes, les professionnels du bâtiment se montrant moins pessimistes concernant leur activité. Selon l’enquête mensuelle de conjoncture dans l’industrie du bâtiment réalisée en avril 2015, ces derniers sont moins nombreux qu’en mars à déclarer une baisse de leur activité sur la période récente et pour les prochains mois. Mais si le solde sur les perspectives générales d’activité s’est redressé par rapport à janvier dernier, il demeure quand même à un niveau assez bas.

Afin de tenter de relancer le secteur de la construction et du bâtiment, le Gouvernement a annoncé des mesures spécifiques. Le Crédit d’Impôt pour la Transition Énergétique (CITE) en fait partie. Son action pourrait engendrer une hausse de l’activité du champ de la rénovation de +1,5 % en volume.

Un nouvel allongement des durées de différé de remboursement de PTZ+ (Prêt à taux Zéro) est également à l’étude. Cette initiative des pouvoirs publics pourrait être synonyme de relance de la construction de logements neufs, et donc du secteur du bâtiment.

Construction modulaire : le préfabriqué peut tirer son épingle du jeu

État des lieux de la construction modulaire

Tel l’ensemble de la branche, la construction modulaire est également impactée par la conjoncture économique morose. Si la vente des modules a chuté spectaculairement, la location, qui représente 60% de l’activité, s’est maintenue. Les raisons de poursuivre sur la voie de l’optimisme sont donc bien là et certains indicateurs économiques sont même encourageants.

L’action publique pourrait venir en aide aux entreprises regroupées sous la bannière de l’ACIM (Association des Constructions Industrialisées et Modulaires). En effet, l’objectif gouvernemental de construire 500 000 logements chaque année est encore loin d’être atteint et la construction modulaire pourrait remédier à cette crise profonde et durable du logement neuf.

La construction modulaire possède en effet de nombreux atouts :

- raccourcissement des délais de construction grâce à la préfabrication en atelier. Le temps entre la commande et la livraison au client est deux à trois fois plus court qu’avec les techniques traditionnelles ;
- diminution des coûts de construction pour le client. L’économie réalisée peut atteindre de 10 à 20% rien que sur les coûts de construction ;
- haute performance énergétique. Les constructions modulaires remplissent toutes les exigences de la RT2012, et permettent la mise en œuvre de systèmes de chauffage-ventilation-climatisation à la pointe de la technologie.

Tel que pour le tertiaire, le virage vers le logement résidentiel pourrait donc se confirmer pour la construction modulaire.

Une montée en gamme pour les bâtiments neufs et rénovés

Afin de faire leur nid sur le marché du secteur du bâtiment résidentiel, les acteurs de la construction modulaire poursuivent sur la voie de la montée en gamme. L’objectif consiste à convaincre la clientèle de la qualité de l’offre pour des solutions permanentes dans le logement. Ce dernier représente un relais de croissance à forte potentialité et un enjeu important dans le domaine des constructions modernes et économiques.

De ce point de vue, le système de construction modulaire pourrait s’afficher comme une alternative architecturale très crédible au secteur du bâtiment traditionnel. Notamment en vue de rehausser le pourcentage des certifications énergétiques des bâtiments résidentiels et non résidentiels, clairement à la baisse pour l’année écoulée.

Parmi celles-ci, le HQE (Haute Qualité Environnementale) est le deuxième label le plus utilisé au monde, représentant 42 % des certifications. Or, les organismes de la qualité des ouvrages et des territoires que sont Certivéa (bâtiments non résidentiels et aménagement), Cerqual (logement collectif) et Céquami (maisons individuelles) ont observé un net recul de cette certification HQE en 2014, tendance fortement liée à la baisse des mises en chantier.

La maîtrise énergétique et la neutralité des constructions sur l’environnement représentant aujourd’hui deux enjeux majeurs du secteur du bâtiment, l’opportunité est belle pour les entreprises de construction modulaire de saisir cette autre perspective de développement.

Malgré un contexte économique marqué par la situation morose du secteur du bâtiment, il existe des perspectives de développement pour le système de construction modulaire. Les acteurs du modulaire paraissent les mieux armés sur le créneau du logement et du segment résidentiel. Reste maintenant à convaincre l’opinion et l’administration publique du bien fondé de la marche à suivre.