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Qualité de l’air intérieur et confort thermique des bâtiments : l’Europe doit faire des efforts

30 avril 2015

Dans une société où de plus en plus de personnes passent une majorité de leur vie en milieu fermé, les questions de la qualité de l’air intérieur et du confort thermique deviennent centrales. Si cette prise de conscience liée à de véritables enjeux de santé publique est bien réelle, les réglementations établies par les instances nationales des différents pays européens restent floues. Les résultats d’une récente étude publiée par le BPIE, l’Institut Européen pour la Performance Energétique des Bâtiments, laissent à penser que des progrès peuvent encore être accomplis dans ce domaine.

La qualité de l’air intérieur des bâtiments fait débat

Qualité de l'air intérieur et confort thermique

Le BPIE au rapport

La proportion du temps de vie passé à l’intérieur des bâtiments varie aujourd’hui de 60 à 90% pour l’ensemble de la population européenne. Il va sans dire que les enjeux liés à la qualité de l’air intérieur ainsi qu’au confort thermique prennent une place croissante dans le débat public.

Dans ce contexte, le dernier rapport fourni le 19 mars 2015 par le BPIE est très éclairant. Ce dernier a mené une enquête à travers huit pays de l’Union européenne afin d’analyser les réglementations qui prennent en compte à la fois la qualité de l’air intérieur, le confort thermique, et la lumière naturelle dans les bâtiments.

Concrètement ce document compare les réglementations nationales des huit pays européens suivants : Allemagne, Belgique, Danemark, France, Italie, Pologne, Royaume-Uni et Suède. Il vise en grande partie à fournir une vue d’ensemble du cadre réglementaire pour la Qualité de l’air Intérieur (QAI). L’importance de la définition de normes et autres niveaux qualitatifs obligatoires y est mise en avant.

Le rapport mentionne également des recommandations au sujet du développement des politiques publiques en terme de bien-être intérieur, insistant sur la place importante que cet item est amené à prendre dans le cadre législatif actuel et à venir.


Le Building Performance Institute Europe (BPIE) est un "think tank" dont l’objet est d’orienter les politiques européennes en matière de performance énergétique dans le bâtiment. Ce groupe de réflexion souhaite réduire les consommations d’énergie et les émissions de CO2 afférentes de70 et 90 % d’ici à 2050.

Qualité de l’air intérieur : un manque d’homogénisation européenne

Le premier constat dressé par le BPIE montre que les exigences en matière de qualité de l’air intérieur et de confort thermique ne sont ni assez complètes, ni assez claires, et ce dans l’ensemble des pays analysés. Ce constat amer est d’autant plus problématique qu"entre 30 et 50 % de surmortalités hivernales peuvent être attribuées à des températures intérieures basses, montrant ainsi le lien étroit entre confort thermique et précarité énergétique."

Toujours concernant la qualité de l’air intérieur, l’étude fait ressortir une prise de conscience générale des bénéfices engendrés par une bonne ventilation et ses répercussions sur la santé publique. Pourtant, seuls quatre états rendent ce dispositif obligatoire dans leur législation nationale : la Belgique, le Danemark, la France et la Suède.

Le peu de vérification sur la qualité de l’air intérieur pose également problème.
Les règlementations visant à établir des niveaux minimums de ventilation, d’étanchéité à l’air, ou encore à fixer des limites d’agents polluants sont presque inexistantes. Selon les conclusions du rapport, trop peu de pays ont procédé à la mise en place de moyens de contrôle pour les standards de qualité de l’air intérieur ou le confort thermique.

Le confort thermique également au centre des préoccupations

Lumière naturelle et confort thermique

Le rapport rendu public par le BPIE pointe également les manquements des diverses réglementations européennes en matière de confort thermique.

La récupération de chaleur compensatoire à la perte d’énergie due à la ventilation est ainsi peu évoquée dans les codes architecturaux nationaux. Ce constat est autant valable pour les nouvelles constructions que les bâtiments en rénovation. Les demandes de systèmes de ventilation double-flux, pourtant très efficaces, sont rares dans les réglementations nationales des huit pays passés au crible.

Si le cadre juridique de l’ensemble des pays européens comporte encore des vides quant à la réglementation thermique des bâtiments, les codes de construction de ces différents pays font quant à eux référence à l’importance de la lumière naturelle. Celle-ci peut en effet s’avérer être un élément de confort thermique intérieur ayant un impact majeur sur la santé des occupants. Même si pour l’heure, seules la France, l’Italie et la Pologne l’ont véritablement intégrée dans leurs systèmes réglementaires respectifs concernant le bâti neuf. Soulignons qu’aucune exigence n’a été identifiée parmi les pays étudiés pour fixer un niveau minimum d’éclairage naturel en ce qui concerne le pan des bâtiments rénovés.

Le confort intérieur au centre des futures réglementations ?

Les auteurs du rapport demandent donc à ce que la qualité de l’air intérieur, le confort thermique et la lumière naturelle soient pris en considération dans l’évaluation de l’impact macroéconomique des mesures de rénovation énergétique. Même si, au niveau européen, des efforts sont déjà accomplis : le climat intérieur est par exemple mentionné dans la Directive sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD).

Les stratégies nationales de construction et de rénovation lors du processus de certification des performances énergétiques doivent être repensées afin d’aboutir à une réglementation claire et homogène. Les questions d’isolation, de qualité de l’air intérieur, de confort thermique et d’éclairage naturel sont en effet très disparates d’un état membre à l’autre.

Cette question est très liée à certaines interrogations de santé publique. En améliorant la qualité de l’air ainsi que la performance énergétique des bâtiments, les personnes vivant dans des logements sains présenteront ainsi moins de problèmes de santé. Les économies pour les services de santé seraient en outre bien réelles.

Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS) en 2012, 99 000 décès étaient liés à la pollution ou à une mauvaise qualité de l’air intérieur dans les pays développés. La nécessité d’améliorer les choses rapidement est urgente, la santé des personnes en dépend. Malgré le manque d’harmonisation des constructions sur le plan énergétique, les pays européens en sont conscients, même si les retards législatifs et juridiques en la matière sont criants.